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L’idée de Brussels Flight Simulators est née il y a exactement 4 ans dans l’imagination bouillonnante de Pierre Van Walleghem

Voici 4 ans, le 14 décembre 2014 précisément (il a retenu la date), Pierre Van Walleghem démarrait la conception et la construction d’un premier prototype de simulateur de Boeing 737 professionnel destiné à s’ouvrir tant aux pilotes qu’au grand public.

Ce pré-projet était alors baptisé “Simaeroclub”, qui se transformera en startup sous le nom de “Brussels Flight Simulators” en avril 2016.

Nous l’interviewons pour l’occasion.

Il nous parle des débuts de BFSIM et des différentes phases qui ont abouti aux installations d’aujourd’hui.



Pierre Van Walleghem, fondateur du projet


Pierre Van Walleghem, qu’est-ce qui vous avait donné l’idée de vous lancer dans un tel projet ?

Dans un premier temps, mon petit parcours dans l’aviation – commencé tardivement – m’avait permis de constater que la simulation de vol présentait des inconvénients non négligeables. Soit on avait affaire à de grosses machines extrêmement coûteuses, soit à des simulateurs très basiques, dont les tarifs restaient malgré tout élevés par rapport à ce qu’ils offraient.

Autre constatation, un peu corollaire de la première : les simulateurs de vol de ce type étaient quasiment réservés aux pilotes et aux professionnels de l’aviation.

En ajoutant à ces éléments de base une bonne connaissance de l’informatique, de l’électronique et avec certaines compétences transversales propres à la plupart des entrepreneurs, l’idée qui a germé. J’ai décidé de concevoir des simulateurs relativement « low cost » mais entièrement opérationnels et fonctionnels.

Les pilotes pourraient s’y retrouver en minimisant le coût de certaines phases de préparation et d’apprentissage, et le grand public pourrait également y trouver son compte grâce à un accès plus proche des budgets « divertissements ».


Le MIP du 737 assemblé

Vous n’êtes pourtant pas le premier à construire un simulateur de vol ?

En effet, il existe une petite communauté de « simmers », personnes passionnées d’aviation et de simulation, dont j’ai longuement fait moi-même partie puisque je m’amusais déjà avec MS Flight Simulator 4.0 au début des années 1990… Plus tard je m’étais construit un cockpit relativement simplifié de Boeing 747, un excellent banc d’essai.

Ceci dit, les simmers sont soucieux de développer leurs simulateurs à la mesure de leurs aspirations personnelles, de leur budget, de leur espace disponible, etc. C’est tout à fait différent, les objectifs ne sont pas pareils et souvent les compromis sont incontournables.

J’y ai souvent trouvé de l’aide très précieuse, surtout via les forums, car il y a beaucoup d’entraide dans cette communauté de passionnés, et Dieu sait si les défis à relever sont nombreux !

Pourquoi avoir choisi le Boeing 737 NG ?

Aaah bonne question ! Il y a un choix de cœur et un choix stratégique à la fois.

De cœur d’abord, car comme beaucoup de pilotes je préfère les avions qui se commandent avec un « manche » plutôt qu’un joystick, donc Boeing avant Airbus.


Boeing 737 MAX

Ensuite le modèle 737 car c’est un avion assez mythique qui a su évoluer avec le temps tout en gardant malgré tout son âme des sixties.

Et puis bien entendu le « NG » car c’était le plus récent (« NG » = « Next Generation »). C’est également un modèle très, très répandu, notamment grâce à une compagnie Irlandaise bien connue qui n’utilise que ce modèle, dans sa version « 800 ».

Aujourd’hui le « MAX » est sorti pour succéder au NG, mais il faudra quelques années au MAX pour pousser le NG dans les cordes des avions dépassés. Le NG est donc un choix très stratégique, répondant aussi bien aux besoins des pilotes qu’à l’enthousiasme de nombreux fanas d’aviation ; c’est un avion bien ancré qui a encore un très bel avenir devant lui.

Le NG est vraiment génial à voler, à la jonction de la technologie numérique ultramoderne et de l’aviation classique plus analogique « à l’ancienne ».

Parlez-nous un peu du prototype de votre simulateur de B737 NG ?

Fin 2014, j’ai démarré l’étude technique sur base des éléments dont nous venons de parler. J’ai parcouru le monde pour trouver des fabricants, des concepteurs, des développeurs et des spécialistes du domaine de la simulation de vol.


cockpitbuilders.com, un excellent forum parmi tant d’autres

Rapidement, j’ai compris l’importance d’articuler le projet autour d’un axe logiciel plutôt que matériel. Et de tous les systèmes que j’ai pu tester, c’est Prosim Aviation Reasearch qui m’a le plus convaincu. A l’époque, leur modèle de vol, l’avionique, la précision et la gestion profonde des systèmes étaient déjà très au-dessus du lot.

Seul petit hic : le choix de Prosim imposait de travailler avec le visuel extérieur de PREPAR3D, application développée par Lockheed Martin dans la continuité de Microsoft Flight Simulator dont ils avaient racheté la licence et continué le développement. Cette usine à gaz a d’indéniables qualités mais pause des problèmes au niveau performances et stabilité. Mais malgré tout, la balance penchait très largement dans ce sens.

De là, une fois le cœur logiciel déterminé, il restait à concevoir et à assembler un ensemble de commandes compatibles, aussi proches de la réalité que possible. J’ai trouvé cela auprès de constructeurs comme Opencockpits, Fly Engravity, CPFlight, Cockpitsonic, Flight Illusion, FSC Italy, FlyByCockpits, etc. J’ai tout monté de A à Z, prenant soin de bien étudier chaque système sur le vrai avion en même temps que je le mettais en place dans le simulateur.


Calibration of our C172 with the same system

J’ai ensuite opté pour un système visuel avec 3 projecteurs sur un écran semi-cylindrique pour privilégier l’immersion la plus optimale possible. Car un visuel immersif de haute qualité était un élément essentiel dans le projet également.

En effet, les gros simulateurs dédiés aux pilotes ont un visuel extrêmement pauvre, ce qui ne pose pas de problème quand il s’agit de faire du training pur. Mais pour accueillir des fans et du grand public, par contre, c’est assez essentiel ! J’ai donc accordé une grande attention aux performances et à la qualité du visuel.

Pour arriver à mes fins, j’ai bien sûr fait appel à des proches ayant des compétences spécifiques dans certains domaines, personnes sans qui je n’y serais pas arrivé et envers qui je suis extrêmement reconnaissant.

Je ne peux pas les citer tous, mais il y a notamment un de mes frères qui est ingénieur en électronique. Avec lui, nous avons créé de toutes pièces des circuits et des dispositifs dédiés un peu partout dans le cockpit.

Des amis pilotes m’ont également bien aidé en apportant leur expertise et leur expérience du « vrai avion », particulièrement un ami qui était à l’époque captain chez JetairFly, que j’appelle amicalement « Amiralex » et qui se reconnaîtra.

Mon amie Kim a également bien inspiré le projet, et contribué à son démarrage. Je ne la remercierai jamais assez.

Car tout devait être fonctionnel, réaliste, opérationnel ; pas question de mettre le moindre bouton factice, et pas question de créer un simulateur de type « jeu vidéo » ! Challenging…


Welcome in Zaventem !

Pourquoi avoir déménagé et installé Brussels Flight Simulators à Zaventem ?

Une fois le prototype monté et terminé, nous l’avons testé quelques mois dans un ancien garage aménagé pour l’occasion.

J’ai alors commencé à m’atteler davantage au business plan et à un modèle viable pour cet ambitieux projet, cherchant parallèlement un lieu adéquat pour l’activité et ses futurs développements.

Zaventem m’inspirait bien a priori en tant que commune historiquement liée à l’aviation en Belgique. Car pour beaucoup de Belges, au-delà des aspects communautaires de notre petit Pays, Zaventem reste avant tout une référence nationale dans le domaine aérien, peu importe que l’on soit Flamand, Wallon ou Bruxellois.

Le site « Planet II » répondait à cela, avec une surface de bureau et de hangar correcte et abordable, et surtout assez facilement modulable. C’est devenu un véritable petit univers immersif, entièrement dédié à l’activité. Son seul inconvénient est d’être parfois un peu difficile à trouver, mais on travaille à le faire mieux connaître !

Avez-vous ajouté des éléments au prototype initial ?

Absolument ! Le plus important c’est que, dès le départ, je souhaitais accoler une cabine passagers au cockpit, afin de pouvoir embarquer d’autres personnes que les pilotes dans cette expérience.

Dans le garage initial, c’était impossible à réaliser, cela n’existait alors que sur papier. Mais une fois dans les locaux de Zaventem, avec mes amis et associés, nous avons mis ces plans à exécution.


B737 cockpit with cabin!

Et la cabine est une incroyable réussite ! Attenante au cockpit, elle dispose de véritables sièges d’avion, et surtout de hublots avec vue latérale, plongeant tous les participants dans une immense image immersive.

L’ensemble cockpit-cabine est placé au centre d’un gigantesque écran en forme de « U » ou de fer à cheval, mesurant 5 mètres de diamètre et se prolongeant sur 7 mètres de long. Une fois en vol, vous êtes entièrement englobés dans cette image qui un univers virtuel saisissant de réalisme.

Pouvez-vous nous parler du système de « dynamic control loading » pour les retours de forces des commandes ?

Comme je l’ai dit, pour moi il était impératif de mettre au point un simulateur de vol hyper réaliste. Or, un des points faibles de beaucoup de simulateurs « grand public », ce sont les commandes de vol, souvent réalisées avec des espèces de ressorts pour créer une fausse dynamique. Ce sont en quelque sorte des joysticks grand format. Je n’en voulais pas.


Dynamic Control Loading from FSC Italy

J’ai donc choisi d’investir dans un système de « dynamic control loading » qui, avec l’aide de moteurs sur les axes et d’un logiciel adapté, reproduit très fidèlement les charges et les effets aérodynamiques sur les commandes ! Cela fonctionne incroyablement bien.

Petite parenthèse, les manettes des gaz sont également motorisées, comme dans le véritable 737, ce qui donne à voir un spectacle surprenant quand le pilote automatique est engagé : tant les manettes des gaz que les commandes de vol se mettent à bouger toutes seules ! Impressionnant.

Y a-t-il d’autres simulateurs ?

Oui, parallèlement nous avons également monté un Cessna 172 et 6 stations que nous avons baptisées « LSS » pour « Light Simulator Station ».

Le Cessna dispose d’un chouette visuel immersif, plus modeste que le B737 mais tout de même impressionnant. Il est équipé d’un tableau de bord traditionnel avec le bon vieux « six-pack », le kit d’instruments de base que tout pilote en herbe apprend à utiliser. Il peut voler en « IFR », c’est-à-dire aux instruments. Pas mal pour du training de base, ou de l’amusement.


A classic C172 simulator

Les LSS sont des stations PC équipées de 2 écrans (un écran pour les instruments, et une grande dalle 4K pour le visuel extérieur) ainsi que de commandes de vol paramétrables. On peut les configurer aussi bien en F16 qu’en Cessna, en passant par les avions d’acro, les avions de ligne ou même les planeurs ou les hélicos.

Tout cela fut mis au point avec la même philosophie et la même passion que le Boeing, et grâce à l’aide encore renforcée par une équipe incroyable, dont un IT génial au très large spectre de compétences et de capacités opérationnelles !

Est-ce interactif ?

Absolument ! Tous les simulateurs sont connectés en réseau, et peuvent voler dans le même espace aérien virtuel. Chacun voit donc littéralement les autres dans son environnement de simulation, ce qui permet d’effectuer des tas de missions didactiques ou amusantes, l’un n’excluant pas l’autre ! Du vol en formation à l’interception du Boeing par des F16, en passant par les courses effrénées dans les vallées montagneuses. Topissime !


Interactive event with IVAO (playing here Brussels Control)

Qu’est-ce qu’une personne « lambda » peut attendre d’une session de simulation de vol chez BFSIM, et y a-t-il un âge limite et des connaissances / compétences préliminaires requises ?

Toutes les sessions sont encadrées par des instructeurs ou des opérateurs professionnels, selon les situations. Le Boeing est démarré dans les premières minutes de la session, et même les personnes n’ayant aucune connaissance de l’aviation peuvent piloter les avions très rapidement, sous les conseils et les indications de l’instructeur, car on décolle et on explique en vol ! C’est très fun, ça se crashe parfois (une approche et un atterrissage c’est un fameux challenge, et pour certains rien que décoller représente déjà une opération périlleuse), tout le monde s’amuse et démystifie l’aviation par la même occasion !

C’est parfois l’occasion de défis comme « en vol, les pilotes sont HS, intoxiqués par un plateau repas empoisonné, et vous êtes les courageux passagers qui allez tenter de poser l’avion juste avec l’aide radio du contrôleur aérien ». Rires, sensations et cris garantis !


Open to young people over 10/12 y.o.

Par contre, au niveau de l’âge il faut un minimum de 10-12 ans (selon les enfants). Car piloter un avion est malgré tout assez technique, on est loin des jeux vidéo, il faut se concentrer et comprendre ce que l’on fait. Mais aucun prérequis n’est demandé, c’est Start and Go !

Un élément qui séduit aussi les « pilotes d’un jour », c’est de savoir qu’ils sont aux commandes d’un simulateur utilisé par des vrais pilotes lors de leur training.

Et un pilote ?

Les pilotes viennent chez nous pour bénéficier d’un simulateur super complet, avec des commandes de vol réalistes haut de gamme, un modèle de vol ultra fiable qui reproduit parfaitement le comportement de l’avion et respecte avec grande précision les « pitch/power », paramètres de base que tout pilote doit connaître et maîtriser.

Et surtout, les pilotes qui le souhaitent bénéficient des conseils avisés d’instructeurs qui connaissent bien la machine, l’avion, ainsi que les programmes demandés par les différentes compagnies lors des entretiens d’embauche et des tests en simulateur. Le tout à un prix très bas par rapport à ce qui se pratique dans des gros « full flight » pas toujours nécessaires à toutes les étapes de la formation ou des préparations.


Also a great B737NG simulator for professional training

J’ai également entendu parler d’activités de groupe ou de team building avec des entreprises, vous avez mis en place un programme spécial ?

Pour les entreprises, nos installations permettent d’accueillir jusqu’à 16 personnes simultanément, que nous divisons alors en 4 équipes de 4, et à qui nous proposons un programme super varié qui leur fera réaliser des missions et des défis sur les différents simulateurs. Enrichissant, impliquant, instructif, amusant, collaboratif ou compétitif : tous les ingrédients sont là pour une activité hors du commun et à mille lieues des traditionnelles occupations de team building.

Autre application amusante de nos installations : nous accueillons régulièrement des fêtes d’anniversaire ou même des enterrements de vie de garçon – ou de jeune fille, oui oui ! –, ce qui garantit toujours des moments intenses et riches en émotions !


Team Building – Photo Finish

Avez-vous d’autres projets en cours de développement ou à venir ?

Oui, nous planchons sur des avions de chasse F16 / F35, sur un projet d’Airbus A320, sur de l’expérience en VR (bientôt opérationnelle), et sur d’autres surprise à découvrir dans un avenir pas si éloigné ! A suivre, je n’en dévoilerai pas plus à ce stade…

Si vous deviez résumer vos avantages concurrentiels ?

Nous sommes simplement les meilleurs d’Europe dans la gamme de ce que nous proposons, avec des installations uniques qui nous confèrent un avantage incomparable.

Mais pour vous répondre de façon un peu plus précise, je pointerais d’abord le Boeing 737 avec ses caractéristiques hyper professionnelles et réalistes, avec son système de « dynamic control loading », et son modèle de vol très fidèle.

La cabine permettant d’embarquer jusqu’à 8 passagers dans le Boeing 737 en immersion totale est unique et exclusive.

La méthode qui consiste à prendre les commandes quasiment illico dès l’arrivée dans le simu, même pour un néophyte, est extrêmement bien mise au point et rodée, mieux que partout ailleurs.

La complémentarité des autres simulateurs et des activités de groupe est également incomparable, aussi grâce aux possibilités de mise en réseau de l’ensemble des participants.

Un mot de la fin ?

Les pilotes bénéficient d’un simulateur professionnel low cost avec une immersion visuelle inégalée, et le grand public se plonge dans cette immersion ultra réaliste en prenant en mains des commandes entièrement professionnelles… Ou comment allier les forces des deux approches sans compromis !


Everyone is welcome at BFSIM!

© BFSIM 2018

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